accueil

La génération C

    Article proposé par Luc Déziel, vice-président de l’APPAC, enseignant à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec

    Qui sont ces C? Voici la petite dernière : la GÉNÉRATION C! Pour ces 12-24 ans, Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, cellulaire, messages SMS et fichiers balados (podcast) font partie de leur mode de vie. Ils sont multitâches et multibranchés. La génération C utilise la technologie pour Communiquer, Collaborer et Créer. On pourrait y ajouter un autre C pour Changer, car ces jeunes vont tout révolutionner sur leur passage : le milieu du travail, de la consommation, de l’éducation et même de la politique. Ils seront nos consommateurs et nos travailleurs dans les prochaines années. Il importe de les connaître afin de s’adapter efficacement à leur montée en force.

    Le Centre francophone d’informatisation des organisations (Cefrio) a organisé, en octobre dernier à Québec, le Colloque international «ÊTES-VOUS PRÊTS? Génération C – Les 12-24 ans : Moteurs de transformation des organisations». Cefrio a eu l’occasion d’y présenter les résultats de son étude sur la manière dont les jeunes Québécois utilisent les technologies de l’information (TI) et sur les répercussions de ces usages dans différentes sphères d’activité. Afin de mieux les connaître, le Cefrio, en collaboration avec Léger Marketing, a sondé plus de 2000 jeunes Québécois lors d’une enquête réalisée en novembre 2008 et en février 2009.

    Les C en chiffres

    En 2006, la génération C comptait un million et demi de Québécois.

    Comme le souligne le Cefrio, dans cinq ans, ces Québécois auront un pouvoir d’achat et d’influence important en tant que consommateurs; une forte proportion d’entre eux seront actifs sur le marché du travail, comme travailleurs étudiants ou permanents; plusieurs seront encore à l’école ou à l’université et beaucoup auront le droit de voter ou s’impliqueront activement, parfois comme entrepreneurs sociaux, pour relever des défis majeurs qui touchent nos sociétés. D’ici dix ans, cette génération représentera 45 % de la main-d’œuvre active du Canada.

    Ordi sur les genoux, écouteurs aux oreilles, cellulaire à la main

    La génération C carbure à la technologie : 85 % possèdent un ordinateur, 84 % un lecteur MP3, 62 % un téléphone cellulaire et 60 % une console de jeux vidéo. Elle surfe en moyenne 19 heures par semaine et jusqu’à 36 chez les 21-24 ans : 85 % cherchent de l’information ou communiquent par courriel, 74 % clavardent, 71 % écoutent de la musique en ligne, 62 % visitent des sites de réseautage (Facebook, MySpace, etc.), 49 % participent à des concours et 45 % s’adonnent à des jeux. Les garçons se retrouvent en plus grand nombre que les filles parmi les utilisateurs assidus d’Internet (21 heures et plus).
    Les garçons se divertissent et consomment avant tout : achats en ligne, lèche-vitrine virtuel, jeux en ligne, petites annonces, téléchargement ou écoute de films et de vidéos, etc. De leur côté, les filles communiquent davantage : tenue d’un blogue, échange d’information pour les devoirs, participation à un site de réseautage, etc.

    La proportion de jeunes qui utilisent Internet pour créer et diffuser de nouveaux contenus est nettement plus faible : seulement 5 % écrivent sur un wiki, 8 % font connaître leur opinion sur un produit donné, 12 % transfèrent des vidéos sur des sites comme YouTube et 13 % téléchargent des photos sur un site comme Flickr. Cependant, plus un jeune passe de temps sur Internet, plus il est susceptible de s’y transformer en participant actif.

    Mêmes besoins, nouveaux outils

    Pour les jeunes, Internet a remplacé les journaux et la télévision, cette dernière étant beaucoup plus utilisée comme écran de jeu. Ils flânent sur les réseaux sociaux au lieu de se retrouver au centre commercial ou au dépanneur du coin. Ils y potinent, discutent et révèlent tout d’eux-mêmes. Ils sont passés du mode texte au contenu multimédia (images, vidéos, son). Pour eux, les barrières culturelles et sociales tombent. Leur réseau, jadis limité à leur quartier, s’étend maintenant aux quatre coins du globe.

    Lors du colloque, les conférenciers s’accordaient à dire qu’Internet et les médias sociaux ne sont que de nouveaux outils pour communiquer, échanger, réseauter, faire du bouche-à-oreille et qu’ils s’ajoutent aux autres médias comme le téléphone et le face-à-face. Cependant, l’ampleur des réseaux, l’accès immédiat à l’information de même que la vitesse à laquelle se font les échanges changent grandement la dynamique de ces activités.

    Suis-je C, Y, X, BB ou senior?

    Pour ceux qui s’interrogent encore, voici une petite récapitulation du lexique des générations. Les années servant de bornes inférieures et supérieures aux différents segments démographiques varient selon les sources d’information et parfois de façon importante. Malgré le chevauchement causé par ces variations, les principales générations sont grosso modo :

    • Senior : née avant 1947 ;
    • Baby-boomer : issue du baby-boom d’après-guerre, soit de 1946 à 1960 et même jusqu’en 1966 ;
    • Génération X : de 1965 à 1980, ce qui regroupe les 30 à 45 ans ;
    • Génération Y : de 1980 à 1990 soit les jeunes dans la vingtaine ;
    • Génération C : née entre 1984 et 1996, les 12-24 ans.

    La génération C, qu’on appelle aussi la Net Generation, s’imbrique en grande partie dans la génération Y. Toutes deux ne peuvent concevoir le monde sans ordinateurs et autres gadgets électroniques. Les plus jeunes sont nés avec la technologie et ont bien souvent utilisé un ordinateur avant même de savoir écrire tandis que les autres ont grandi avec elle et ne peuvent s’en passer.

    Les comportements de la génération C ne seront pas sans répercussions sur leur façon d’évoluer dans le milieu scolaire, au travail, en tant que consommateur ou acteur social. Dans un texte subséquent, nous verrons de plus près l’influence de ces jeunes dans ces différentes sphères d’activité.

    [Source :  Michèle Laliberté, Qui sont ces C?, Réseau de veille en tourisme, 2 février 2010.]

    En complément

    Les Y sont-ils ingérables?

    Un reportage diffusé par Télé-Québec, à KILOMÈTRE ZÉRO, le 28 septembre 2009.

    http://video.telequebec.tv/video/1734/les-y-sont-ils-ingerables

     

Association professionnelle des professeurs et professeures d'administration au collégial